Presse

Le Massacre du Printemps

Mars 2017

Solaire et funeste

Dans l’heure quarante qu’a duré la représentation, quelque chose a eu lieu. Quoi ? Oh, presque tout. La vie, la mort, la maladie (foutu cancer, saleté de cancer), la perte de la mère puis la maladie du père.  L’immonde crabe, l’épouvante de la fille et l’épouvantable chagrin de l’orpheline, les médecins bourreaux mais impuissants, la dinguerie intérieure qui, seule, permet de faire face aux saloperies du sort, le corps qui souffre le martyr, le renoncement mais la lutte quand même, les questions sans réponse mais les questions en rafale, l’oncologue en talon aiguille qui pète un câble et l’infirmière qui encaisse bien malgré elle, le deuil, cette foutaise absolue, et le chagrin encore dans les pleurs et les rires. Il y a tant de choses sues, et d’habitude tues, tant de choses enfin dites dans ce spectacle que ça en devient étourdissant de les entendre, toutes si vraies et toutes si justes. Il faut qu’Elsa Granat soit allée voir le monstre de près pour si bien savoir le nommer et le peindre. Elle le fait avec tact, avec gaité et aussi avec larmes lorsque les larmes s’imposent.

Joelle Gayot | France Culture

Un épatant théâtre éclaté.

La femme enceinte, outre le creusement de sa vie, entre dans celles de ces êtres étrangers en blouse blanche dont elle imagine les ressorts, les envies, les fantasmes ou se remémore les propos. La pièce ouvre ainsi des ressacs, se construit en étoile, loin de toute linéarité, multipliant les possibilités d’Edith, entre rêve et souvenirs, jusqu’à faire dialoguer deux Edith entre elles. Elsa Granat tente ici une dramaturgie éclatée des plus passionnantes bien qu’inégalement accomplie sans doute parce que la femme enceinte – qu’elle est et qu’elle joue – en est insuffisamment le pivot affirmé. Mais c’est là peut-être un regret de spectateur car Elsa Granat est une actrice de premier ordre et la voir en scène est toujours un ravissement.

Jean-Pierre Thibaudat | Médiapart

La vie des autres compte aussi.

Elsa Granat parle avec fureur de la médecine et du cancer et avec une pensée pour les survivants. Chienne de vie. « Je fête ce soir mes 34 ans et j’ai l’apparence d’une femme de 90 ans » explique Elsa Granat. Le clin d’œil à l’œuvre fiévreuse d’Igor Stravinsky annonce une catastrophe. Et c’est une histoire vraie qui nous est contée. L’agonie de la mère, atteinte d’un cancer sans rémission possible. Puis l’annonce de la maladie du père. Comment réagir ? Survivre au choc émotionnel ?
Une approche sans complaisance de la maladie et de la fin de vie. Il faut saluer la remarquable prestation d’Helene Rencurel en jeune médecin partagée entre le temps qui file, le manque de soignants, les protocoles curatifs sans effet désoramais, les soins pallaitifs. La jeune praticienne, confrontée à l’echec peut difficilement s’avouer qu’elle n’a aucune réponse, ni solution à proposer.

Gérald Rossi | L’Humanité

L’héroisme de ceux qui restent.

Avec cette pièce polyphonique, tout en dédoublements, Elsa Granat poursuit la quête d’irrationnel et de brutalité qui fait la singularité de son théâtre. Elle creuse en particulier un thème déjà présent dans Mon Amour FOU, monologue d’une femme amoureuse d’un bi-polaire : le rapport de l’accompagnant au monde hospitalier.

Anaïs Heluin | La Terrasse

C’est une fois encore captivant.

l ‘implication totale des comédiens et ce sentiment d’humanité qui est la patte d’Elsa Granat saisissent notre attention et inscrivent dans nos pensées quelque chose que seul un après-coup pourra plus tard décoder.

David Rofé-Sarfati | Toute la culture

Notre avis : une réussite.

Car la situation permet de détricoter les liens qu’entretient la narratrice et comédienne avec le corps médical : une aide-soignante, une médecin, et un musicothérapeute. Tension de celle qui doit annoncer la mort, et dont Elsa ne supporte pas la frivolité : talons, strass et paillettes. Tension de celle qui endosse la douleur au quotidien (l’aide-soignante), et qui aurait peut-être préféré passer sa vie à chanter : le moment où elle entonne des airs de Barbara est assurément le clou du spectacle. Que d’émotions !

Marie du Boucher | Les 5 pièces

Cette hymne à la vie qui interroge nos consciences.

Loin d’être misérabiliste, ce récit chaotique s’apparente à un flirt singulier avec la mort. il nous entraîne au cœur des pensées de la jeune auteure et nous confronte à nos propres angoisses. Croquant avec malice le monde hospitalier, Elsa Granat s’intéresse aux personnes derrière le métier. Elle s’intéresse aux failles, aux blessures de l’infirmière, de l’interne. Elle montre leur humanité cachée derrière le masque d’une indifférence feinte, leur délicate posture entre la froideur administrative et leur compassion pour les malades et leur famille.

Olivier Fregaville Gracian d’Amore | L’Oeil d’Olivier

Une création éclatante de sincérité.

Elsa Granat et Laure Grisinger mènent une dramaturgie sans misérabilisme qui s’inscrit dans une transposition sensorielle du parcours de vie de ces accompagnants. Cette histoire prend la force  et la maturité du conte, d’un récit initiatique et intemporel. Le spectacle joue avec finesse sur cette corde, sensible et rude, sur ce fil tendu entre la réalité abrupte du souvenir et la douce folie du fantasme. Sur ce chemin tracé, l’attention est toujours vive et accrue sur ce paysage empli d’humanité que nous dévoile Elsa Granat.

Pierre Alexandre Culo | Théâtre Actu

Mon Amour Fou

2015

(…) L’actrice Roxane Kasperski a écrit d’un jet ce monologue incandescent. Elle sait de quoi elle parle, mais elle va au-delà. La poésie sauvera le monde, elle le sait, le prouve. Un texte contre le silence, travaillé, malaxé, sublimé au fil des répétitions où elle l’interprète sous le regard précis d’Elsa Granat, actrice et metteuse en scène. Un conte d’aujourd’hui. (…)

Jean-Pierre Thibaudat | Mediapart

(…) Le combat de l’auteur avec un « autre » qui lui échappe, se double, et c’est fascinant, du combat que mène l’actrice avec une émotion qu’il lui faut, à chaque seconde, juguler et canaliser. Son humour lui permet l’esquive mais l’humour est, on le sait, la politesse des désespérés. Et cela donne une heure d’un théâtre insensé, haletant, dont on sort sans aucune autre option que de laisser la fièvre retomber. (…)

Joëlle Gayot | France Culture

(…) Nous sommes tenus par ce qui nous parle autant que par ce qui nous est étranger. En nous, résonnent l’écho de ses tripes, le mouvement de son âme. (…)

Muriel Gandois | Bloggeuse

(…) C’est l’uppercut Roxane Kasperski qui vous reste là, au creux du ventre. Une histoire d’amour douloureuse et sidérante, menée à mille à l’heure aux moyens d’une mise en scène intraitable (celle d’Elsa Granat) et d’une interprétation au cordeau et toute en émotion. (…)

Gaëlle Chalude | Horizons, journal de Centre Île-de-France, Chartres

(…) Roxane Kaperski parvient, aidée par la mise en scène pointilleuse d’Elsa Granat à dompter ce feu, domestiquer cette braise, garder à distance  l’émotion qui pourtant ne cesse d’affleurer. Avec  souvent l’humour comme arme pour canaliser les cris de désespoir. Cette femme, elle la conduit, la tient par la main, la soutient. Et la sauve. Une lutte nécessaire contre le silence qui entoure cette maladie, magnifiquement servie par un travail prodigieux, éloquent, sans aucun pathos, qui vous éclabousse, vous saisit aux tripes et ne peut laisser indifférent.(…)

Nicole Bourbon | Reg’Arts

(…) Portrait d’un homme en crise et de la lente et aléatoire reconstruction d’une femme témoin de toutes ses crises. C’est fort, poignant et très juste ! (…)

S. M | Vaucluse Matin

(…) Roxane Kasperski a écrit la pièce et la joue de tout son corps et de toute son âme, appuyée sur la mise en scène d’Elsa Granat qui ouvre parfois la scène par la vidéo, ou nous plonge dans un enfermement lyrique.(…)

Alain Pécoult | La Provence.com

(…) Le spectateur est témoin de cette difficile prise de conscience avant de renaitre. C’est un excellent travail d’écriture et de comédien dans une mise en scène originale.(…)

AVI City Local News

(…) J’étais fascinée par cette femme qui parait perdue comme un oiseau qui se cogne aux vitres. On pourrait dire que c’est un manifeste pour la passion, pour aller vers son désir, quel qu’en soit le prix. C’est sutout un cri d’amour, d’un amour fou, désespéré. (…)

Aline Pailler | Au Coeur du Off

(…) La capacité de Roxane Kasperski à s’engager, pour nous donner à imaginer à partir de ses mots, emporte le morceau. Et l’on se prend à être marqué par la narration de ce spectacle, inattendue et stimulante.

Geoffrey Nabavian | Toute la culture

(…) Roxane Kasperski a signé ce texte mis en scène par Elsa Granat. Elle campe avec fougue une femme à vif, à cœur ouvert. Telle Camille Claudel devenue folle de ne pouvoir vivre son amour pour Rodin, elle est folle de la folie de l’homme qu’elle voit plonger, inexorablement, comme un corps qui sombre dans l’océan.
Ce genre d’expérience scénique est du genre casse gueule. L’actrice est toujours sur le fil du rasoir, avec le risque de sombrer dans le pathos. Même si elle n’évite pas quelques débordements, Roxane Kasperski tient le pari, et sa prestation est un vrai choc.

Jack Dion | Marianne

(…) Mystère de la justesse. Avec une précision confondante la metteur en scène Elsa Granat et la remarquable Roxane Kasperski évitent tous les écueils. L’altérité du couple est porté à son paroxysme. On reste saisi par ce combat, cette tempête d’émotions maitrisées, qui viennent éclairer deux phares : l’humour et la poésie.

Marie Soyeux | La Croix

(…) Voilà donc bien un monde rarement montré sur scène. Pas directement celui de la folie ou de la maladie. Mais le monde de celui qui chemine à côté. Pas malade, mais tout comme. Pas malade, mais tout aussi atteint. Desarmé face à une maladie que les traitements sont impuissants à enrayer. Une maladie aussi épuisante pour celui qui l’a que pour son entourage. La voix et les mots de Roxane Kasperski se font porte parole de tous ces invisibles. Vaillants. Et fragiles.

Karine Prost | Rue du Théâtre

(…) Roxane Kasperski, auteure et comédienne, donne voix et corps à cette jeune femme éprise d’un fol amour. La mise en scène d’Elsa Granat nous place en témoins d’une passion qui coûtera ses ailes à un ange. C’est le type d’oeuvre cathartique, qui ébranle, traverse et fait se sentir vivant !

Angelique lagarde | Kouran d’Art

(…) Elle est au monde, dans cette pièce encombrée dont elle foule les éléments épars, comme en elle-même. (…) La parole de Roxane Kasperski, si juste, se scinde de la même façon, fait frémir un pôle et l’autre, éclater un chemin de traverse entre deux « extrémités ». Elle appuie comme elle soutient – trace un sillon de survivance.

Cathia Engelbach | Théâtrorama

(…) Ce jusqu’au boutisme, cette abnegation, ce refus de l’échec sont autant de moteurs pour cette femme malmenée, secouée, blesse mais toujours debout.

Marie-Do Moracchini | La Marseillaise

(…) Roxane Kasperski et Elsa Granat nous proposent, une petite pièce de tout premier ordre. Elle retrace avec une intelligence et une justesse extraordinaires une histoire d’amour qui l’a été tout autant.(…)
Lorsque la pièce, abruptement, se termine, on est presque choqué.
Allons, c’est fini, il faut sortir du théâtre, reprendre le cours ordinaire de son existence– un peu triste, mais sans regret, et avec, dans le cœur, un ineffaçable « merci ».

Vincent Morch | Les Trois Coups

(…) Seule sur scène, Roxane Kasperski interprète avec brio son propre texte, à la fois vertigineux, passionné et déroutant. Ce monologue tourbillonnant, nourri de références artistiques et de jeux de mots, sert à merveille une mise en scène multimédia aussi originale qu’efficace, et la comédienne est comme habitée par son propre langage tout au long de la représentation. Être témoin passif de ses tourments, c’est comme se faire administrer une gifle en pleine figure, et l’on ressort de la salle complètement sonné, presque incapable de retrouver son chemin, et profondément conquis par la puissance de son interprétation.

Margot Grellier | Les 5 Pièces

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