Extrait d’une lettre, Anton Pavlovitch Tchekhov à son frère Nicolaï. Les gens éduqués doivent respecter les neuf préceptes suivants :

8 – Ici le travail incessant jour et nuit est nécessaire. Lire constamment, avoir de la volonté. Ici on fait ces choses là précieusement.

6 – S’ils ont du talent, ils le respectent et ils sacrifient tout pour lui.

5 – Ils ne s’agitent pas en vain.

4 – Ils ne s’humilient pas dans le but de provoquer de la compassion chez l’autre.

3 – Ils ne mentent même pas pour des broutilles, ils ne se mêlent pas trop par leur franchise surtout quand on ne leur demande pas.

2 – Ils respectent la propriété des autres voilà pourquoi ils payent leur dû.

1 – Ils respectent la personnalité humaine, toujours indulgents, doux, polis, prêts à des concessions.

7 – Ils s’éduquent à l’esthétique : la science de la très grande beauté et ses lois.

Le Massacre du Printemps

Le Massacre du Printemps

au Théâtre Studio,
du 03 au 15 mars 2017

Durée 1h45

Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser cloué au sol. Et pourtant tu vas découvrir des forces inespérées qui vont t’inspirer pour inventer des printemps même sur pelouse synthétique.

Le Massacre du Printemps parle de ces épreuves contemporaines que peuvent vivre les petites personnes jusqu’à devenir héroïques.

À un moment donné j’ai été confrontée à un destin tragique et ce destin c’était le mien : accompagner les cancers successifs de mes parents. Aujourd’hui reconnectée à la profondeur du temps présent, du temps de calme, du temps de paix je reviens sur le temps volcanique de cette héroïne. Pour rendre compte de cet effondrement et de cette reconstruction je me suis fondue dans 3 actrices d’âges différents. Je suis partie d’une sensation très claire de cette période : je ne savais plus quel âge j’avais véritablement, je pouvais pleurer comme un enfant et à la fois relativiser comme un sage indien, tout en profitant de chaque instant comme une adolescente. Étrange sensation d’être partout à la fois: à la fin de sa vie et au commencement d’une nouvelle existence. Ce massacre est aussi l’histoire du massacre de la langue impersonnelle qui fige les relations entre les patients et le personnel soignant. Pour le bien de tous il faudrait peut-être élargir l’horizon des médecines que nous considérons acceptables. « Rien n’est tout noir ou tout blanc rien. (…) et à force de regarder dans une seule direction on va devenir de plus en plus cons ». Ce n’est pas un point de vue isolé, ça participe d’un mouvement qui existe déjà et qui vise à ce qu’on prenne conscience qu’on peut faire les choses autrement.
Se soigner ce n’est pas uniquement s’en remettre au médecin. Il s’agit de rechercher avec lui, s’asseoir côte à côte et non plus face à face. Est-ce qu’il ne pourrait pas se trouver là le début du mouvement vers la guérison, dans cette initiative responsable partagée?

Extrait

Ce qu’il faudrait là c’est des enfants. Des enfants qui courent là tout autour de nous. Puis viendrait le moment où on comprendrait ce qu’ils font. Ils ne courent pas dans tous les sens. Ils se poursuivent. Si on avait le temps, si on prenait le temps, si on avait le rythme on pourrait les compter. Dix cowboys courent derrière dix indiens. Bientôt douze cowboys. Bientôt 14 cowboys. Bientôt il ne reste qu’un indien. Bientôt tous cowboys et ils se poursuivent encore, encore, encore. Car le plaisir est dans la course. Le plaisir est dans la victoire peut-être. Mais dans la course, courir après quelqu’un. Car on meurt pour de faux et on peut toujours se relever et courir, courir, courir les uns après les autres.
Ne jamais s’arrêter. Etre indien et courir loin. Sentir la terre dans mes jambes. La liberté sur le flanc d’un cheval. Et rêver oui rêver perclus de coups durs. Mais poursuivre et rêver. Car le plaisir est dans la course. La vérité est dans les jambes. Dans ce corps qui sait, comprend et connait. Tout de chacun. S’éloigne, s’enfuit, les jambes, on les prend à son cou, à fond de train on détale. On avance, avec l’énergie sauvage. On saute d’îles en îles. Dans la joie de connaître combien le gouffre est profond et plus on connait ce gouffre et plus on saute haut. Plus on l’a approché et plus le muscle est élastique et puissant et il nous envoie à corps perdu nous jeter libres libres libres sur des sols puissants. Et le muscle nous envoie nous jeter libres libres sur les autres puissants. Non plus les frêles, qui ne savent pas, qui piétinent, qui ont peur d’avancer, de risquer de tomber. Le muscle nous envoie vers les autres vibrants. Et on court dans le seul but de la joie de courir. Et d’en pleurant inonder les gouffres, les remplir des eaux, les rendre bleus et non plus noirs profonds. Et avancer sans se cogner la chair entre les dents.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat
Dramaturgie de Laure Grisinger

L’accompagnante :
Jenny Bellay (90 ANS) | Elsa Granat (34 ans) | Edith Proust (27 ans)
L’aide-soignante | Clara Guipont
Le Médecin Oncologue | Hélène Rencurel
Création sonore & le Musicothérapeute | Antony Cochin
Création lumières | Vera Martins
Création costumes | Marion Moinet
Construction décor | François Delauney
Captation | Franck Guillemain
Régisseur | Julien Crépin

Avec le soutien de Théâtre Studio d’AlfortvilleThéâtre Antoine Vitez d’Ivry
SPEDIDAM | Les plateaux solidaires ARCADI | Le CENT QUATRE

Remerciements aux Ateliers du Théâtre de l’Aquarium,
au Théâtre de la Colline, au Théâtre de Châtillon

 

Mon Amour Fou

Mon Amour Fou

Les 9 & 10 mai
à la Scène Nationale de Chalon-sur-Saône

Du 06 au 21 novembre 2017
au Théâtre de la Cité Internationale

Durée 55 mn

Lucidité bien ordonnée commence par soi-même. 
 Elle tombe amoureuse folle d’un homme intensément vivant, intensément fou. On la met en garde, elle n’entend rien. Elle va le sauver car elle est libre-femme-héroïne.

Ce qui me passionne dans la vie et au théâtre, c’est la pulsion, l’énergie créatrice. On sent poindre en soi, à des âges très différents un jaillissement, une direction : vers l’avant. Ce que j’appelle des poussés d’âmes.

L’espace scénique est un espace mental. Elle endurcit son esprit à la réflexion, 
s’entraîne à revenir sur les événements, comme elle endurcit son corps à affronter les coups de cette nouvelle lucidité. Il n’y a aucune place au vide, une course effrénée dans un seul sens : chercher à comprendre ce qui s’est passé. Elle regarde cette vie et se dit c’est bien ma vie ? J’ai voulu ça ? Vraiment ? Et maintenant ? 
Le spectateur voit une princesse de conte fées ravagée par la réalité des choses. Elle sort de ses illusions et entre de plein pied dans la vie. La vidéo projection nous fait apparaître les héroïnes auxquelles elle s’est identifié depuis Emma Bovary, jusqu’aux blondes des séries américaines. Les mots clés de son histoire apparaissent, clignotent et la forcent à continuer la course, à penser même si elle n’en a plus envie contrainte par sa propre histoire à aller au bout. Une dernière fois.

Lorsqu’on parle de folie, on parle des fous. Mais si rarement de la personne qui accompagne, de celle qui est tombée amoureuse de l’homme ou de la femme. Il y a quelque chose de Kafkaïen dans ces amours-là, dans le combat permanent qu’ils représentent, de celui qui lutte et se perd dans les labyrinthes de l’institution et des décisions médicales. Aujourd’hui tant de gens se disent bipolaires, ce mot semble presque ordinaire, bien loin de l’effrayant et ancien terme maniaco-dépressif.

C’est une maladie dont souffrent plus de 600.000 personnes en France et ce n’est pas un simple trait de caractère. Des personnes qui vivent l’enfer de ne plus savoir ce qui s’est passé, ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont dit. Qui doivent redescendre sur terre après des envols qu’ils regrettent parce que Dieu que c’est bon de ne plus avoir de censure, de se sentir grands et indestructibles. Le théâtre est tout à coup l’endroit idéal pour traverser ces extrémités et raconter l’amour intense.

Extrait

Il ne dort plus depuis des semaines,
il se sent aussi décadent qu’Andy Warhol
aussi puissant que Jules César
il parle très fort très vite
et son corps paraît habité 
par une armée de mille hommes
non singes ?
Mais je suis son ange, 
il m’écrit des poèmes…
il est beau
bizarre
beau
bizarre
beau bizarre
beau bizarre beau bizarre…

Distribution

Travail dirigé par | Elsa Granat
À partir d’un texte de | Roxane Kasperski
Interprétation | Roxane Kasperski
Assistantes | Hélène Rencurel & Rebecca Bonnet
Création lumières | Jérémie Papin
Création vidéo | Franck Guillemain
Régisseur | Julien Crépin
Avec le soutien de La Loge, Arthéphile, Théâtre d’Avignon

Mon Amour Fou II

Mon Amour Fou II

Les Mouvements Souterrains
Mon Amour Fou, la suite

Durée 1h15

Après Mon Amour Fou, l’idée et l’envie est venue de creuser le sillon de l’héroïne moderne, dans une suite. Une suite comme la vie en impose. A quoi passe-t-on après la séparation et la décision de se dissocier de la folie de l’autre, le désir de survivre ressenti; comment la peau sèche-t-elle définitivement ? A quoi et comment le temps présent confronte le guerrier à son passé, comment s’en affranchir ou bien décider de vivre avec ?

Dans le premier volet, elle était seule, ça ne pouvait en être autrement, sa tête était habitée par tous, c’était sa propre solitude, son propre battement intérieur qu’elle devait reconquérir. Aujourd’hui nous avons envie avec Elsa Granat d’associer sa parole à celle des hommes. L’amour, la folie et la survivance resteront au cœur de ce nouveau travail. Portés désormais par trois figures. Elle bien sûr;  Lui 1, l’homme du passé et Lui 2, l’homme du présent. Nous voulons essayer de chercher à mélanger les lignes intérieurs et extérieurs. Ce qui se dit, s’échange à trois et ce qui se pense et ne peux sortir de chacun. De là questionner le secret, nos propres mensonges et certitudes. Lui 1 arrive chez eux : Lui 2 et Elle. Couple neuf cherchant à définir comment ils peuvent s’aimer en dehors de la passion, en dehors de tout ce qui a été détruit auparavant. Lui 1 cherche un asile, un refuge lors de l’assaut d’une énième crise maniaque. Comment vont-ils cohabiter ? Comment faire avec cet autre qui se déforme peu à peu et densifie chaque minute. C’est aussi la réunion de trois guerriers dans une même bataille.

Extrait

Je me dis que ça vaudrait même plus que 40 euros la séance. Ça vaudrait son lingot. Cette séance je vous la paye en or. Parce que si j’arrive à démêler ça, alors c’est tout bon. Je peux partir maintenant avant que tout se casse la gueule. On reconstruit rien parce que pas de déconstruction. On enlève pas la peau. Non pas besoin, elle tient encore, elle tient bien, toute seule comme une grande ! GRANDE ! Je suis grande, je suis grande, je suis grande ! C’est vous qui avez laissé passer ça, vous n’avez rien vu dans mon chemin inconscient ? Vous avez bien dû sentir, apercevoir, entrapercevoir, ça, dans une construction de phrase, un chemin de pensée, un lien inconscient ? C’est pour ça que je vous paye ! Pour ça! Pour comprendre, faire le tri. Mais avant. AVANT. Là c’est trop tard, retournez vous coucher j’ai plus besoin.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat
A partir d’un texte de Roxane Kasperski
ELLE Roxane Kasperski
LUI 1 Olivier Werner
LUI 2 Pierre Giafferi
Création sonore Antony Cochin
Création lumières Vera Martins
Création costumes  Marion Moinet
Construction décor François Delauney
Régisseur Julien Crépin

Avec le soutien de
Artephile & Le théâtre de la Cité Internationale

Parle-moi de moi

Parle-moi de moi

au Théâtre Studio,
mai 2014

Durée 20 minutes

Une fin de soirée très alcoolisée où trois jeunes femmes parlent à tort et à travers jusqu’à épuisement. Elles ont l’impression de communiquer alors que chacune ne parle que d’elle. Le matériau textuel est composé par les souvenirs d’enfance des actrices, enregistrés en amont. Il est ensuite travaillé en deux catégories, le texte dit par les actrices au plateau et le texte projeté en temps réél par Milosh L. sur différentes profondeurs de champs.

Dans l’art Numérique, au-delà de la diffusion d’images ce qui m’intéresse particulièrement c’est l’écriture augmentée. Avec cette technique que nous avons expérimentée au Théâtre Studio avec Milosh Luczynski en Février, nous souhaitions mettre en espace la pensée.
C’est un peu comme s’il s’agissait d’ une réponse au cubisme de Picasso, qui souhaitait qu’on puisse appréhender l’intégralité de la personne; de face de dos et de profil en même temps. Avec l’écriture augmentée et la multiprojection je peux avoir dans le même temps, ce que dit l’acteur, ce qu’il pense, dans quel contexte socio-culturel il évolue, ce que son inconscient lui dissimule, et ce que cette personne pense d’elle même. La vidéo permet de faire exister l’arrière pays d’un personnage, son passé et son futur en même temps, dévoilés par ses pensées. Une nouvelle clarté du temps présent.

Extrait

H : D’être en solitaire quoi sur un bateau c’est des figures de sportifs.
Depuis que je suis toute petite ça m’ a toujours happée et fascinée.
C : Je devais avoir 9 ans 
10 ans
 on est au CM2 en fait 
on a on a on a 9 ans 10 ans.
H : Je faisais des stages d’optimiste et j’étais complétement flippée.
C : C’était vers le mois de mai, fin le mois de juin.
Je branlais rien à l’époque déjà à l’école 
Vieille couille molle Monsieur Fontanier.
H : Les la les toutes petites sensations de solitude que j’ai eues quand j’étais sur un bateau heu au milieu de nulle part heu c’est des choses qui te prennent à un endroit de de toi même de ta vie de ta conscience d’exister.
C : A l’école rue Louise il y avait une grande fête d’école
voilà on bouffait des merguez de la musique à gogo et puis la pêche à la ligne 
une espèce de heu de danse euh surprise
 une espèce de musique de Jean Michel Jarre pourrie à deux balles où on était des espèces de robots venus du futur 
des costumes en aluminium.
H : Concrètement là il n’y a rien d’autre que toi
 c’est une liberté folle et en même temps où tu as une contrainte absolue où tu vis dans 10 mètres sur 4.
C : gnagnagna
.
H : Et en même temps tu es complétement bloqué.
C : gnagnagna
Peggy Roy elle t’a parlé de la fête c’est un secret j’ai accusé Peggy devant tout le monde
 une vraie heu p’tite collabo

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat & Milosh L.

Les trois amies :
Marie combeau & Claire Méchin & Hélène Rencurel

Avec le soutien de Théâtre Studio d’Alfortville

Le Massacre de la Création

Le Massacre de la Création

au Théâtre Odéon Janvier 2016
& Théâtre Studio Mars 2016

Durée 1h

Capture d’écran 2016-06-03 à 22.51.48

Ce spectacle rend compte du processus de création, ses errances, ses ratures, sa sédimentation. Une seule quête, la beauté et l’épure. Avant cela, montrer toute l’étendue du désastre, du « bordel » créatif, pétri d’influences, traversé d’événements de la vie réelle, anéanti par la résistance obstinée de la réalité. Un incendie allumé par l’urgence de secouer le théâtre à bout de bras,
 de le plaquer contre un mur, et de lui demander droit dans les yeux, 
s’il peut encore faire quelque chose pour l’artiste,
 pour les gens, pour la tragédie moderne. 
Il n’a plus qu’à répondre.

Comment viennent les idées? Pourquoi on s’accroche à certaines?
 Pourquoi beaucoup d’autres nous sont étrangères? Quels événements les provoquent? Pourquoi toi, là, tu ne peux pas monter Tartuffe?
 Pourquoi chez moi, tout semble concourir à ce que je crée une épopée moderne sur la douleur? Est ce qu’il y a moyen de comprendre. Pour comprendre, nous avons un sujet, moi, une actrice-créatrice en phase de création. Je traverse des souvenirs réels, des impressions de spectacles.
 On va voir arriver les grandes idées, les très mauvaises, les éclairs de génie et les influences. Les éléments vont s’assembler et rendre la beauté aux cicatrices.
 Je veux arriver à faire sentir ce double mouvement. Rien n’est encore là et pourtant tout est là dans la tête.
 Toutes les idées sont en puissance. On ne les voit pas à l’œil nu.
 Je veux utiliser le théâtre comme un microscope pour voir ce qu’on ne voit pas encore : 
le phénomène de pensée.

Extrait

A tous les endeuillés qui surpris par la mort ont senti un coup de frein dans leur train de vie.
Qui ont vu l’âme sortir par la bouche et on ouvert la fenêtre oui machinalement pour la laisser sortir.
A tous les effrayés du lendemain qui sentent leur vie petite sur la chronologie des autres, à tous les parents qui un jour ont craint de ne revoir jamais un enfant qui a pris un TGV, une voiture, un taxi, à tous ceux qui voudraient que la vie soit une mince affaire, qui ont penché, hésité, douté, qui écoutent la fanfare avec le poil hérissé ; à tous les vieux, qui sentent le téléphone bien loin en haut quand ils sont tombés sur le carrelage bien froid en bas. A tous ceux qui s’étonnent quand l’été arrive, quand la douceur du temps surprend quand on arrête de lutter contre le froid, bref à tous ceux qui sont tout simplement surpris quand on arrête de lutter. A tous ceux qui s’enrhument en été, qui s’ennuient le soir si internet les lâche, qui écoutent dans la solitude la vie qui frétille, qui auraient bien voulu mais n’ont pas pu, qui se demandent comment faire.
A tous ceux la je veux parler, en amie, imparfaite, sensible et cynique et lucide ; sincère.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat,
Milosh L. et Christophe Carotenuto

Avec :
Christophe Carotenuto, Marie Combeau, Clara Guipont,
Claire Méchin, Hélène Rencurel, Elsa Granat
& Roxane Kasperski

Création vidéo Milosh L.

Avec le soutien de Théâtre Studio d’Alfortville, Le Cent Quatre, Théâtre de l’Odéon

Remerciements aux Studios Virecour

La nuit je suis Robert De Niro

La nuit je suis
Robert De Niro

A La Loge | Paris création en Novembre 2016
Reprise La Loge | Paris Juin 2018 & Festival d’Avignon, Artephile

Durée 1h

 C’est un dîner; rien d’extravagant.
Entre amis. Cela fait une heure que je ne dis plus rien.
Je souris mais je ne parle pas.
Les amis s’embrassent et s’en vont, débarrassent, rangent le lave-vaisselle, se brossent les dents, dorment.
Je n’ai toujours pas bougé de ma chaise.
Je n’ai pas parlé.

Écrire un conte contemporain.
 Un point de départ commun à tous, la sensation d’être oublié. C’est simple, ça arrive.
 L’histoire d’une femme qu’on a oublié un soir. Et qui du coup se lance un défi improbable : ne plus se manifester au monde pour voir ce qu’il pourrait bien se passer… et sentir jusqu’à quel point elle peut disparaître, très concrètement. Une femme pleine, joyeuse et belle dans les grands espaces d’aujourd’hui
. De Niro ? C’est le seul héros auquel se raccrocher, la seule force secrète qui la fait tenir debout – comme un secret, un caillou au fond d’une poche. La nuit, à l’abri des regards indiscrets, elle est De Niro,
 mais quel De Niro ? Où est passé De Niro d’ailleurs ? J’aime cette idée de plonger dans une conscience qui est assise sur la rive du monde. Les pieds dans l’eau c’est agréable, mais elle sent bien qu’elle ne vit pas le temps commun. Le temps partagé, des gens en temps de paix qui ont des activités. Cette femme va remonter le fil pour comprendre comment on a pu l’oublier, elle va arpenter son histoire, son corps, et tenter de vérifier, de s’apporter la preuve qu’elle existe.

Extrait

Je voudrai gueuler.
Croire à une blague.
Je voudrais en rire.
Mais rien.
Non.
Ce que je fais ?
Je me lève, demi pliée, 
et sors à mon tour, sans faire de bruit.
Je ne dérange pas.
Je n’habite pas si loin
.
Voilà.
Tout est parti de là.
Mon histoire.
Mon histoire vraie.
Celle qui va suivre.
Elle est pour tous les sans bruits.
Pour tous les éblouis par un réverbère.
Pour tous les prêts à décoller.

Distribution

Interprétation Lola Naymark
A partir d’un texte de Guillaume Barbot
Mise en scène & dramaturgie Elsa Granat
Création sonore Pierre-Marie Braye-Weppe
Création lumières Julien Crépin
Captation Guillaume Barbot
Régisseur Julien Crépin

Avec le soutien de La Loge, les Studios Virecourt

Production Compagnie Coup de Poker, Compagnie L’Hotel du Nord

J’ai une grande vitalité comme un requin du Groenland

J’ai une grande vitalité comme un requin du Groenland

Durée 1h

31 décembre, soir du réveillon.
Sophie a tout organisé. C’est les 100 ans de la mort de sa mère et elle a convoqué des amis, des proches qu’elle n’a pas vu depuis si longtemps.  Mais pour l’instant elle n’est toujours pas arrivée à sortir de la chambre.  Elle ne se sent pas à la hauteur. Les invités sont arrivés, ils ont déposé machinalement leurs manteaux sur le lit et ils ne l’ont pas remarquée, pas vue. Elle est ensevelie sous les fourrures, les parkas, elle entend qu’ils ont commencé l’apéritif et elle se rend bien compte que malgré ses 130 ans, elle est encore trop petite.

Une des particularités de la comédienne Sophie Troise est sa petite taille. Nous avons choisi d’utiliser cette différence, comme un signe du fabuleux. Le requin du Groenland peut vivre jusqu’à 400 ans du fait d’une croissance extrêmement lente autour de 0,5 à 1 cm par an. Comme le requin du Groenland Sophie prend son temps pour grandir. Nous souhaitons dans ce conte s’interroger sur la consistance d’une conscience qui aurait atteint 150 ans dans un corps sain. Nous disposerions d’une grande propension d’agir, de s’enthousiasmer, tout en ayant plus de temps pour atteindre des niveaux de conscience supérieurs. Comment percevoir l’avenir à l’échelle d’une vie de 150 ans ? Comment percevrons-nous les événements qui nous ont traversés avec cette conscience hors norme et cette nouvelle échelle de temps ? Combien de morts de naissances, d’ennui, d’échecs relativisés grâce à ce nouveau temps de vie ? Sophie traversée par le deuil, du haut de ses 130 ans, fait partie de la génération de l’homme augmenté. Ne pas souffrir, ne pas vieillir, ne pas mourir, tout obtenir. Une génération qui voudrait avoir une capacité d’action illimitée sur sa propre nature. Grandir très lentement pour prendre son temps et atteindre un jour la taille de sa destinée. C’est le bien vieillir. Faire en sorte que le bonheur ne dépende que de nous en se dégageant des espérances par lesquels le temps nous échappe dans une course effrénée à la recherche hypothétique d’un futur parfait.

Extrait

C’est une extrême clairvoyance  pour une seconde naissance.
C’est ne plus répondre à ses pulsions additives.
C’est  toucher une forme de sagesse. Non pas celle du renoncement.
Ce temps mis à disposition permet une contemplation active du soi.
S’inscrire dans le monde tout en prenant le temps d’observer l’autre et soi-même.
Comme si nous contemplions par une fenêtre un soleil couchant qui ne se couche jamais.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat et Mathieu Boulet

Interprétation Sophie Troise
Création sonore Antony Cochin
Création lumières Julien Crépin
Régisseur Julien Crépin

Avec le soutien de La Loge
Production Tout Un Ciel

Remerciements aux Studios Virecour

Rature

Rature

Résidence à La Chartreuse | 2018

Durée 50 min

Une femme commence une conférence de développement personnel sur ce qu’il est possible de faire pour réussir immédiatement.

Une femme re-commence une conférence de développement personnel sur ce qu’il est possible de faire pour réussir.

Sur les cendres d’une conférence de développement personnel une femme est rattrapée par son passé (maladie/deuils).

Sur les cendres de son passé une femme invente un nouveau type de conférence, développé très personnellement.  Elle finit par réussir à faire ce qu’elle n’a pas pu faire dans la vie réelle:  s’adresser à une assemblée de médecins et leur parler du fond des choses.

Extrait

Hi Hello
BONJOUR BONJOUR
I am so glad to be here with you tonigth
JE SUIS TELLEMENT HEUREUSE D’ETRE AVEC VOUS AUJOURD’HUI
Humm
Yeah I am very very glad to be here
I love to see you here today
C’EST UN HONNEUR POUR MOI
I will only speak in english because,( j’aime pas la phrase qui suit)  as you all know, english is a competitive  language
JE NE PARLERAI QU’EN ANGLAIS CAR L’ANGLAIS EST LA LANGUE INTERNATIONALE
And I want to be competitive and I want my  theater to be competitive
ET JE VEUX ÊTRE COMPÉTITIVE JE VEUX QUE MON THÉATRE SOIT  COMPETITIF
So I will be talking in this competitive language even though no one here speaks english
DONC JE VAIS PARLER EN ANGLAIS MÊME SI PERSONNE ICI NE PARLE ANGLAIS
Ok ? So we are at the Odeon, Theatre de l’Europe and I will speak in Shakespeare’s language
JE VAIS DONC PARLER DANS LA LANGUE DE SHAKESPEARE
Yes To be or not be
PROJECTIONS  matelas debout OUI ÊTRE OU NE PAS ÊTRE
That is no longer the question
CE N’EST PLUS DU TOUT LA QUESTION
The question is to be successfull or not to be yes that is the new question
LA QUESTION C’EST ÊTRE COURONNE DE SUCCES OU NE PAS ÊTRE DU TOUT
What is in our power today to be successful now ?
QU ‘EST CE QUE NOUS POUVONS FAIRE AUJOURD’HUI
to be successful now ?
POUR ÊTRE COURONNES DE SUCCES MAINTENANT ?
First we have to be happy, have a happy face, smile
1 SOYONS HEUREUX, AYONS UN VISAGE SOURIANT, SOURIONS
Althought we have to have good ideas
2 AYONS DE  BONNES IDEES
We should  have a clear and a well constructed speech ( I’m not well constructed)
3  AYONS UN DISCOURS CLAIR ET BIEN CONSTRUIT
So we have to be simple
DONC NOUS DEVONS ETRE SIMPLE
We have to speak about things that everybody know
PARLER DE CE QUE TOUT LE MONDE CONNAIT
about.. All you know
LA REALITE
So we have to be a « déjà- vu »
NOUS DEVONS ÊTRE « DEJÀ-VU »
(retour adresse public) Yes americans say  a « déjà vu » in french
OUI LES AMERICAINS DISENT « DEJÀ VU » EN FRANÇAIS
yes because a « déjà vu » is typically french
OUI PARCE QUE « DÉJÀ VU » EST TYPIQUEMENT FRANÇAIS
In America a « deja vu » doesn’t exist
EN AMERIQUE «  DEJA VU »  N’EXISTE PAS
All is new all is wild
TOUT EST NOUVEAU TOUT EST SAUVAGE
In America it’s impossible to be « déjà vu » everybody is original
TOUT LE MONDE EST ORIGINAL
Beautiful and self confident
BEAU ET CONFIANT
I wanna have faith in my arms, my hair my mouth, my eyes, my legs
JE VEUX AVOIR CONFIANCE EN MES BRAS MES CHEVEUX MA BOUCHE MES YEUX MES JAMBES /
MES POUMONS MON PANCRÉAS MON FOIE MA PROSTATE

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat
Dramaturgie de Laure Grisinger
Création vidéo Milosh L.
Création sonore Antony Cochin
Création lumières Vera Martins
Création costumes Marion Moinet

Avec le soutien de Théâtre Studio d’Alfortville, Le Cent Quatre

Remerciements aux Studios Virecour

9 – Crains d’exclure ton coeur de la réflexion.

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