Mon Amour Fou II

Mon Amour Fou II

Les Mouvements Souterrains
Mon Amour Fou, la suite

Durée 1h15

Après Mon Amour Fou, l’idée et l’envie est venue de creuser le sillon de l’héroïne moderne, dans une suite. Une suite comme la vie en impose. A quoi passe-t-on après la séparation et la décision de se dissocier de la folie de l’autre, le désir de survivre ressenti; comment la peau sèche-t-elle définitivement ? A quoi et comment le temps présent confronte le guerrier à son passé, comment s’en affranchir ou bien décider de vivre avec ?

Dans le premier volet, elle était seule, ça ne pouvait en être autrement, sa tête était habitée par tous, c’était sa propre solitude, son propre battement intérieur qu’elle devait reconquérir. Aujourd’hui nous avons envie avec Elsa Granat d’associer sa parole à celle des hommes. L’amour, la folie et la survivance resteront au cœur de ce nouveau travail. Portés désormais par trois figures. Elle bien sûr;  Lui 1, l’homme du passé et Lui 2, l’homme du présent. Nous voulons essayer de chercher à mélanger les lignes intérieurs et extérieurs. Ce qui se dit, s’échange à trois et ce qui se pense et ne peux sortir de chacun. De là questionner le secret, nos propres mensonges et certitudes. Lui 1 arrive chez eux : Lui 2 et Elle. Couple neuf cherchant à définir comment ils peuvent s’aimer en dehors de la passion, en dehors de tout ce qui a été détruit auparavant. Lui 1 cherche un asile, un refuge lors de l’assaut d’une énième crise maniaque. Comment vont-ils cohabiter ? Comment faire avec cet autre qui se déforme peu à peu et densifie chaque minute. C’est aussi la réunion de trois guerriers dans une même bataille.

Extrait

Je me dis que ça vaudrait même plus que 40 euros la séance. Ça vaudrait son lingot. Cette séance je vous la paye en or. Parce que si j’arrive à démêler ça, alors c’est tout bon. Je peux partir maintenant avant que tout se casse la gueule. On reconstruit rien parce que pas de déconstruction. On enlève pas la peau. Non pas besoin, elle tient encore, elle tient bien, toute seule comme une grande ! GRANDE ! Je suis grande, je suis grande, je suis grande ! C’est vous qui avez laissé passer ça, vous n’avez rien vu dans mon chemin inconscient ? Vous avez bien dû sentir, apercevoir, entrapercevoir, ça, dans une construction de phrase, un chemin de pensée, un lien inconscient ? C’est pour ça que je vous paye ! Pour ça! Pour comprendre, faire le tri. Mais avant. AVANT. Là c’est trop tard, retournez vous coucher j’ai plus besoin.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat
A partir d’un texte de Roxane Kasperski
ELLE Roxane Kasperski
LUI 1 Olivier Werner
LUI 2 Pierre Giafferi
Création sonore Antony Cochin
Création lumières Vera Martins
Création costumes  Marion Moinet
Construction décor François Delauney
Régisseur Julien Crépin

Avec le soutien de
Artephile & Le théâtre de la Cité Internationale

J’ai une grande vitalité comme un requin du Groenland

J’ai une grande vitalité comme un requin du Groenland

Durée 1h

31 décembre, soir du réveillon.
Sophie a tout organisé. C’est les 100 ans de la mort de sa mère et elle a convoqué des amis, des proches qu’elle n’a pas vu depuis si longtemps.  Mais pour l’instant elle n’est toujours pas arrivée à sortir de la chambre.  Elle ne se sent pas à la hauteur. Les invités sont arrivés, ils ont déposé machinalement leurs manteaux sur le lit et ils ne l’ont pas remarquée, pas vue. Elle est ensevelie sous les fourrures, les parkas, elle entend qu’ils ont commencé l’apéritif et elle se rend bien compte que malgré ses 130 ans, elle est encore trop petite.

Une des particularités de la comédienne Sophie Troise est sa petite taille. Nous avons choisi d’utiliser cette différence, comme un signe du fabuleux. Le requin du Groenland peut vivre jusqu’à 400 ans du fait d’une croissance extrêmement lente autour de 0,5 à 1 cm par an. Comme le requin du Groenland Sophie prend son temps pour grandir. Nous souhaitons dans ce conte s’interroger sur la consistance d’une conscience qui aurait atteint 150 ans dans un corps sain. Nous disposerions d’une grande propension d’agir, de s’enthousiasmer, tout en ayant plus de temps pour atteindre des niveaux de conscience supérieurs. Comment percevoir l’avenir à l’échelle d’une vie de 150 ans ? Comment percevrons-nous les événements qui nous ont traversés avec cette conscience hors norme et cette nouvelle échelle de temps ? Combien de morts de naissances, d’ennui, d’échecs relativisés grâce à ce nouveau temps de vie ? Sophie traversée par le deuil, du haut de ses 130 ans, fait partie de la génération de l’homme augmenté. Ne pas souffrir, ne pas vieillir, ne pas mourir, tout obtenir. Une génération qui voudrait avoir une capacité d’action illimitée sur sa propre nature. Grandir très lentement pour prendre son temps et atteindre un jour la taille de sa destinée. C’est le bien vieillir. Faire en sorte que le bonheur ne dépende que de nous en se dégageant des espérances par lesquels le temps nous échappe dans une course effrénée à la recherche hypothétique d’un futur parfait.

Extrait

C’est une extrême clairvoyance  pour une seconde naissance.
C’est ne plus répondre à ses pulsions additives.
C’est  toucher une forme de sagesse. Non pas celle du renoncement.
Ce temps mis à disposition permet une contemplation active du soi.
S’inscrire dans le monde tout en prenant le temps d’observer l’autre et soi-même.
Comme si nous contemplions par une fenêtre un soleil couchant qui ne se couche jamais.

Distribution

Travail dirigé par Elsa Granat et Mathieu Boulet

Interprétation Sophie Troise
Création sonore Antony Cochin
Création lumières Julien Crépin
Régisseur Julien Crépin

Avec le soutien de La Loge
Production Tout Un Ciel

Remerciements aux Studios Virecour

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