« Nous verrons tout un ciel constellé de diamants. »

C’est ainsi que je considère les artistes, techniciens et acteurs, au sein de la compagnie, des diamants qui peuplent le même territoire de façon singulière.

Irrégularité
VS
norme

Ce à quoi je prête attention c’est l’irrégularité, l’irrationalité, le particulier en chacun.
 Le théâtre pour moi devient nécessaire quand il a la capacité à être près de l’exceptionnalité des gens ordinaires. La norme est une moyenne idéale qui dissimule toutes les exceptions vers le haut ou vers le bas.
 La moyenne des choses n’existe pas concrètement dans la réalité. 
Il n’existe concrètement que des extrêmes que nous cherchons à éteindre en faisant une moyenne. J’aime regarder les extrêmes sur scène, en toute sécurité.
 Voilà un endroit qui permet, la lucidité sociale et la régulation.

Théâtre
=
révélateur
de
héros

Je conçois le théâtre comme un outil de connaissance – familiarisation – appropriation des contradictions humaines. Comme on apprend l’abstraction mathématique en comptant sur un boulier,
 on peut au théâtre mettre en acte des comportements, des décisions et recommencer tant qu’on n’a pas compris. Le geste théâtral nous impose de mener les idées jusqu’au bout, jusqu’à l’os, jusqu’à la racine, jusqu’au pire. Dans cet extrême va se révéler le héros. Et là, à ce moment là, le théâtre me devient nécessaire :
 donner des armes, échanger sur la qualité des armures de chacun.
 Refondre les aciers et avancer forts, éveillés, fourbus comme des héros.
 Il s’agit de voir sur scène l’extraordinaire de chacun, le héros en soi et pas le tout venant, le « next door ».
 En chacun il y a un héros et une douleur et le théâtre est pour moi ce chemin initiatique
 où les héros arpentent leur blessure avec de plus en plus de conscience ; c’est toujours la même blessure qu’on arpente. Oui, on ne s’en défera jamais, mais au plus on va la parcourir à grande enjambées, au plus la joie va nous gagner,
 et on se sentira de plus en plus libres dans notre vaste territoire.

Elsa Granat

Formée par Christian Benedetti au CNR de Marseille en 2002, elle fait la rencontre déterminante d’Edward Bond à l’occasion d’un stage à la Friche de la Belle de Mai.
À Paris, elle complète sa formation auprès de Jean-Pierre Garnier, Olivier Balazuc, Daniel Martin, au sein de la Classe Libre promotion XXVIII.

Depuis 2004 elle a joué sous la direction de C. Benedetti (L’Amérique, suite de B. Sbrljanovic, Trois sœurs & Oncle Vania de A. Tchekhov, Théâtre Studio d’Alfortville, La Criée), S.Catanese (Caligula, Théâtre de Montargis), S.Shao (Feydeau etc. Théâtre national de Pékin, Lyceum Shanghai), B.Porée, (Andromaque, Théâtre de Vanves, Théâtre de Sèvres ; Platonov, Théâtre de Vanves ; Odéon Théâtre de l’Europe, Trilogie du Revoir de Botho Strauss, Festival IN).

Auteur et metteur en scène au sein de la Cie l’Envers des Corps, elle crée Si (Gare au théâtre, 2005), J’ai plus pied (Prix Paris Jeunes Talents 2007, Espace Pierre Cardin, Le Hublot, Festival d’Avignon 2010) et Misérables, libre cours (lauréat des Défis Jeunes, Théâtre Busserine, Théâtre Berthelot, Ferme de Bel Ébat). Elle intervient de 2008 à 2011 auprès de l’OCCE de l’Oise en tant que formateur des professeurs des écoles et assiste le metteur en scène J.Hankins au Théâtre du Beauvaisis,  à la Comédie de Picardie, et au CDR de Rouen à l’occasion d’ateliers sur Roméo et Juliette, Électre et le théâtre jeune public d’E. Bond.

Elle se pose des  questions :
MASTER 1 | Est ce son échec au théâtre qui pousse Victor Hugo à écrire Les Misérables ?
MASTER 2 | Quelles sont les motivations officielles et officieuses de la pratique théâtrale en milieu scolaire, amateur et professionnel ?

Assistante à la mise en scène de C. Benedetti pour la saison 2012-2013 (théâtre de l’Athénée et Comédie Française), sa compagnie est par ailleurs accueillie en résidence à La Ferme de Bel-Ébat à Guyancourt où elle crée Les Enfants de E. Bond. Elle a présenté en tant que dramaturge Dans les veines ralenties, texte écrit pour Aurélie Van den daele au Théâtre de l’Aquarium, et Pourtant elle m’aime de Lola Naymarck ( Le bateau feu).

En tant que metteur en scène elle créée plusieurs seuls en scènes: avec Roxane Kasperski Mon amour fou au Théâtre de la Loge, repris en juillet 2015 & 2016 au Théâtre Artéphile à Avignon, avec Christophe Carotenuto Quelque chose en nous de De Vinci. En décembre 2016 elle en crée un troisième avec Lola Naymark, La nuit je suis Robert De Niro, d’après un texte de Guillaume Barbot. En tant qu’actrice elle interprète le dernier monologue d’Alain Ubladi, La chambre de Médée (La Ferme de Bel Ebat, Théâtre des Halles).

En Mars 2017, elle crée Le Massacre du Printemps au Théâtre-Studio d’Alfortville, après avoir effectué plusieurs résidences au Centquatre et à L’ODEON.

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